Creative Destruction Lab établit des relations entre les meilleurs scientifiques des secteurs de la science quantique et de l'IA et de grands entrepreneurs et investisseurs

Toutes les huit semaines, pendant neuf mois, les espaces de réunion de Creative Destruction Lab (CDL) à Toronto, en Ontario se transforment en carrefours de mentorat intensif pour certaines des entreprises en démarrage les plus innovantes au monde dans les secteurs de l'intelligence artificielle et de la science quantique.

Les entreprises en démarrage, dirigées par des scientifiques entrepreneurs de l'Ontario et d'autres régions du monde, font partie d'un groupe privilégié qui a l'occasion unique d'apprendre auprès d'entrepreneurs et d'investisseurs prospères – y compris des joueurs de haut niveau de Silicon Valley – et des universitaires de renom à l'échelle mondiale. Les candidats à la maîtrise en administration des affaires de la Rotman School of Management de l'Université de Toronto, où CDL a établi son siège social, offrent du soutien dans des secteurs comme le développement des affaires, l'analyse du marché et les finances.

« CDL existe pour que les sociétés apprennent auprès des grandes entreprises et des meilleurs esprits scientifiques », explique Sonia Sennik, directrice générale de CDL. « Nous ne sommes pas un accélérateur ni un incubateur d'entreprises – nous ne leur accordons pas un espace de bureau et nous n'avons pas de participation en capital dans celles-ci, et nous ne rémunérons pas non plus les gens qui les mentorent. »

Après neuf mois, la plupart des entreprises en démarrage qui ont suivi le programme obtiendront probablement des investissements de la part de certains de leurs mentors. Depuis la création de CDL en septembre 2012, environ 110 entreprises ont terminé ses programmes et ont recueilli une somme allant de 500 000 $ à neuf millions de dollars en financement de prédémarrage ou en financement initial.

« Nous voulons augmenter la valeur des capitaux des sociétés acceptées dans notre programme, et notre objectif pour les cinq premières années du programme était de générer une valeur de 50 millions de dollars en capitaux après cinq ans », explique Mme Sennik. « Nous avons dépassé cet objectif – en cinq ans, les entreprises participant à CDL ont créé une valeur de 1,4 milliard de dollars en capitaux. »

Création d'un sens des affaires dans le marché : L'idée à l'origine de CDL

CDL est issu de la réflexion d'Ajay Agrawal, professeur d'entrepreneuriat à la Rotman School of Management et cofondateur des programmes d'accélération pour les jeunes entrepreneurs Next 36 et Next AI, ce dernier programme étant axé sur les entreprises en démarrage qui tirent parti de l'intelligence artificielle. M. Agrawal s'est longtemps demandé pourquoi les universités canadiennes tiraient de la patte par rapport à leurs homologues américains lorsqu'il s'agissait de commercialiser les inventions de leurs chercheurs.

Après des années de recherche, il a conclu que le problème n'était pas attribuable à une pénurie de main-d'œuvre et d'idées innovatrices au Canada, mais plutôt à un « manque de sens des affaires dans le marché ».

« Des personnes disent que la majorité des capitaux vont seulement vers Silicon Valley parce que c'est là que se retrouvent les meilleures idées et qu'il y a plus d'argent, mais ce n'est pas vrai, parce que des percées scientifiques ont lieu partout dans le monde et les capitaux circulent à l'échelle mondiale », déclare Mme Sennik.

« La thèse sur laquelle s'appuie CDL est qu'il y a un manque de sens des affaires dans le marché au Canada », ajoute-t-elle. « C'est-à-dire qu'ici, les entrepreneurs ne peuvent pas se procurer un accès au genre de conseils et de sens des affaires auquel les entrepreneurs peuvent avoir accès à Silicon Valley, région où il y a un si grand nombre de personnes d'expérience qui ont créé une entreprise, se sont retirées, puis en ont créé une autre. »

Un concept unique qui se démarque des accélérateurs et des incubateurs

En créant CDL, M. Agrawal avait pour objectif de permettre aux chercheurs novateurs d'avoir accès au sens des affaires d'entrepreneurs expérimentés et prospères, ainsi qu'à des fonds de démarrage. Il a clairement indiqué depuis le début qu'il ne souhaitait pas créer un accélérateur ou un incubateur d'entreprises, mais plutôt à mettre en œuvre une plateforme pour le mentorat ainsi que pour faire croître les entreprises en démarrage de pointe en exigeant qu'elles atteignent des buts concrets déterminés par les mentors.

CDL n'aurait pas de participation en capital elle-même dans ces sociétés, mais les entrepreneurs agissant à titre de mentors devaient investir dans les entreprises en lesquelles ils croyaient. Le programme a été créé avec la participation de sept entrepreneurs prospères, y compris Dennis Bennie, cofondateur de Delrina Corporation, qui a été vendue à Symantec Corp.; John Francis, ancien président et chef de la direction de Trader Media Corporation, qui a été vendue à Yellow Media Inc.; Lee Lau, cofondateur d'ATI Technologies, qui a été vendue à Advanced Micro Devices pour la somme de 5,4 milliards de dollars, ainsi que les frères Michael et Richard Hyatt, qui ont vendu leur entreprise ontarienne BlueCat Networks Inc. à Madison Dearborn Partners pour la somme de 400 millions de dollars.

Chacun de ces entrepreneurs fondateurs a fait don de 300 000 $ pour lancer CDL. À titre d'exigence du programme, ils se sont également engagés à passer cinq jours répartis sur neuf mois à travailler avec des entreprises participant à CDL. Durant ces journées, les entrepreneurs établissent trois objectifs que les entreprises en démarrage devraient atteindre au cours des huit semaines suivantes.

Celles qui ne réussissent pas à les atteindre sont exclues du programme. Les entreprises en démarrage qui ne réussissent pas à obtenir un engagement de mentorat continu auprès d'au moins un entrepreneur sont aussi exclues.

« Ce n'est pas que l'entreprise n'est pas bonne, c'est tout simplement qu'elle ne correspond pas bien aux mentors, ou peut-être qu'elle n'est actuellement pas à l'étape qui lui convient », indique Mme Sennik. « Et même lorsque ces entreprises sont retranchées, leurs représentants nous disent qu'ils ont appris une foule de choses et qu'ils ont grandement bénéficié du programme. À l'extérieur du programme, il serait très difficile pour la plupart des entreprises en démarrage de passer du temps en tête-à-tête avec des mentors et des investisseurs du calibre de ceux qui participent à CDL. »

Une première mondiale grâce à un programme d'intelligence artificielle

CDL a ouvert ses portes en offrant un volet « principal » axé sur la technologie générale qui accueillait les entreprises en démarrage exerçant des activités dans une vaste gamme de secteurs de la science profonde et de la technologie. En 2015, elle a présenté son volet axé sur l'IA – le premier programme au monde à se concentrer exclusivement sur les entreprises en démarrage axées sur l'intelligence artificielle et l'apprentissage machine.

« La science était déjà ici, à Toronto, ainsi que dans le couloir de technologie Toronto-Waterloo », déclare Kristjan Sigurdson, directeur associé et responsable du volet axé sur l'IA de CDL.

En fait, d'ici 2015, la ville de Toronto sera déjà largement reconnue comme le berceau de l'IA moderne grâce, en grande partie, au travail d'avant-garde de Geoffrey Hinton, un professeur de l'Université de Toronto, dont la recherche sur les réseaux neuronaux – qui s'inspire du cerveau humain – a permis de réaliser des progrès dans le domaine de l'apprentissage machine.

Aujourd'hui, déclare M. Sigurdson, les entreprises participant à CDL ont accès aux recherches entreprises par M. Hinton et d'autres chercheurs en IA de l'Ontario grâce à l'Institut Vecteur pour l'intelligence artificielle, un centre de recherche en IA indépendant financé conjointement par les gouvernements canadien et ontarien, ainsi que par l'industrie.

En Ontario : Une convergence de facteurs favorables

Le gouvernement de l'Ontario, qui s'est engagé à verser 50 millions de dollars pour soutenir l'Institut, investit également 30 millions de dollars afin d'accroître le nombre de diplômés d'une maîtrise en intelligence artificielle dans la province pour atteindre 1 000 diplômés en cinq ans.

« Ainsi, en Ontario, en plus d'avoir la science, nous bénéficions également du soutien du gouvernement et de l'industrie et, à CDL, nous sommes soutenus par beaucoup de gens de la communauté locale d'investisseurs providentiels ainsi que par des investisseurs de Silicon Valley qui voient la valeur de ce que nous accomplissons », explique M. Sigurdson. « En même temps, il y a ici une qualité de vie formidable qui fait de l'Ontario une destination recherchée par les importants talents en IA du monde entier. La convergence de l'ensemble de ces facteurs est de bon augure pour nous. »

Depuis la mise en œuvre de son volet axé sur l'IA, CDL a accepté 175 entreprises dans le cadre de son programme, indique M. Sigurdson. De ce nombre, environ 100 sont entrées dans le programme seulement l'année dernière.

« Nous accroissons la taille de notre programme d'IA et l'adaptons à un public plus international », dit-il. « Nous voulons que Toronto soit connu comme un carrefour mondial d'intelligence artificielle – comme un endroit où se trouvent des entreprises et des produits de calibre mondial. »

Obtenir une longueur d'avance avec un nouveau volet sur l'apprentissage machine quantique

Alors que son volet principal et celui axé sur l'IA continuaient de croître, CDL a porté son attention sur un autre secteur encore en émergence : la science quantique – un domaine d'étude axé sur les plus petites unités possibles dans l'univers, et leurs applications.

En mai 2017, CDL a annoncé un nouveau programme axé sur la création d'entreprises en démarrage présentant des innovations fondées sur l'apprentissage machine quantique, qui utilise des technologies quantiques dans le but d'accroître la vitesse et la performance des algorithmes de l'apprentissage machine. Le programme a commencé grâce à un partenariat avec D-Wave Systems Inc., une entreprise de Burnaby en C.-B. qui a accepté de fournir une formation et l'accès à son système quantique de pointe. Ainsi, CDL a été le premier programme au monde à donner aux entreprises en démarrage l'accès à la machine de D-Wave, qui était déjà utilisée par des chefs de file de l'innovation comme Google, la NASA et Lockheed Martin.

Quelques mois plus tard, CDL a conclu un autre partenariat, cette fois avec Rigetti Computing, une entreprise d'informatique quantique de Berkeley, en Californie. Comme D-Wave, Rigetti a permis aux entreprises en démarrage participant au programme de CDL d'accéder à son système quantique en nuage.

Le programme d'apprentissage machine quantique, d'une durée d'un an, a accepté 40 entreprises en démarrage en septembre 2017. Trois sociétés de capital-risque de Silicon Valley possédant d'importants portefeuilles d'investissements en IA – à savoir Bloomberg Beta, Data Collective et Spectrum 28 – se sont engagées à investir 80 000 $US dans chaque entreprise qui réussissait à faire partie du programme.

« Beaucoup de scientifiques brillants dans ce pays se démènent dans l'ombre jusqu'à ce que des entreprises se rendent compte des avantages de leur travail, et lorsque cela se produit, beaucoup de talents sont détournés vers des sociétés à l'extérieur du Canada », constate Daniel Mulet, directeur associé de CDL qui se concentre sur les entreprises en démarrage dans le secteur de l'apprentissage machine quantique. « Nous nous sommes alors demandé dans quel secteur le Canada était concurrentiel à l'échelle mondiale à l'heure actuelle et qui n'était pas encore commercialisé, mais qui était certain de créer un exode une fois à cette étape, et comment nous pouvions damer le pion aux grandes sociétés de technologies dans d'autres pays afin que nous puissions continuer à attirer et à retenir le talent au Canada. »

Cette réflexion a permis de dresser une courte liste sur laquelle la science quantique figurait en tête, se souvient M. Mulet. En examinant les ressources déjà disponibles au Canada, il était logique pour CDL de créer un volet axé sur l'apprentissage machine quantique. En Ontario seulement, la création d'une vallée quantique est attendue depuis les dix dernières années avec l'Institut Périmètre et l'Institute for Quantum Computing de l'Université de Waterloo.

Plus d'entreprises d'apprentissage machine quantique que n'importe où dans le monde

« La réussite commerciale est essentielle », affirme Daniel Mulet. « Si nous pouvons établir de grandes entreprises durables qui permettent de créer des emplois pour toutes ces personnes spécialisées et leur donner l'occasion de rester au Canada, nous pouvons réaliser notre mission. D'ici 2022, le programme de CDL aura créé plus d'entreprises d'apprentissage machine quantique commercialement viables, suffisamment capitalisées et génératrices de revenus que le reste du monde combiné. La majorité de ces entreprises seront établies au Canada. »

Les 40 physiciens quantiques qui se sont joints à CDL en septembre dernier ont créé 21 entreprises en démarrage et recueilli 80 000 $ chacun en financement de prédémarrage. Les innovations de la part des entreprises dans ce volet couvrent tous les domaines, des algorithmes qui modélisent le pliage de protéines à des vitesses qu'il serait impossible de réaliser sur des ordinateurs traditionnels aux architectures innovantes qui permettront aux fabricants d'ordinateurs de répondre à la demande toujours croissante de processeurs à puissance et à rapidité augmentant de manière exponentielle.

« Toutes les entreprises qui assistent à ce programme feront figure de pionnières », explique M. Mulet. « C'est une période excitante – et cruciale – et nous espérons créer un secteur quantique au Canada qui dirigera le reste du monde. »

Attirer des investissements à l'échelle mondiale et les figures de proue en quantique et en IA du monde

Depuis son premier établissement à Toronto, CDL offre maintenant son programme dans quatre autres établissements à Calgary, à Halifax, à Montréal et à Vancouver, et chaque endroit offre son propre choix unique de volets. Un sixième établissement, dans la ville de New York, s'apprête à ouvrir cette année.

À ce jour, CDL a accepté 500 entreprises dans ses programmes. Bon nombre des scientifiques derrière ces entreprises en démarrage viennent du Canada, mais CDL voit de plus en plus de participants d'autres pays, dont certains qui proviennent d'aussi loin que l'Australie et Israël.

« Ce que fait CDL, c'est offrir un programme fournissant un soutien accru qui peut aider ces personnes innovatrices à transformer leur recherche de pointe en produits finis actuels mis au point par des entreprises pouvant croître de façon massive », explique M. Sigurdson. « Nous sommes très bons pour aider les entreprises à se préparer à franchir la prochaine étape, et si vous êtes un scientifique qui n'a jamais mis sur pied une entreprise auparavant, vous pourriez vraiment tirer profit du programme de CDL. »

Parallèlement, CDL continue d'attirer des mentors et des investisseurs du Canada et d'autres régions du monde. Le programme en attire un grand nombre de Silicon Valley, où les entrepreneurs de renom et les investisseurs en capital de risque se réunissent et remarquent les innovateurs en science quantique et en IA qui travaillent afin que leurs inventions percent sur le marché, et du laboratoire qui les aide à atteindre leurs objectifs en leur donnant accès aux personnes grâce à un solide sens des affaires.

« Les sociétés de capital de risque et les figures de proue de la science quantique et de l'IA du monde entier viennent à Toronto afin de rencontrer des entreprises en démarrage à CDL », indique Mme Sennik. « À ce stade précoce de la mise au point des technologies, il s'agit peut-être du signal le plus fort possible sur le marché que les sociétés à CDL sont concurrentielles à l'échelle mondiale. »

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23 février 2018

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