Une autre entreprise voit le jour grâce à l'écosystème d'innovation de l'Ontario

Liam Kaufman, chef de la direction, WinterLight Labs

Liam Kaufman n'est pas le premier chef de la direction à s'être inspiré d'une recherche universitaire d'avant-garde pour avoir une idée de produit. Cependant, sa technologie innovante pourrait révolutionner la manière dont la démence et d'autres maladies cognitives sont diagnostiquées et surveillées.

WinterLight Labs, une entreprise fondée conjointement par M. Kaufman, le professeur Frank Rudzicz, ainsi que Maria Yancheva et Katie Frasier, deux étudiantes du cycle supérieur de l'Université de Toronto, met au point une plateforme diagnostique exclusive d'IA qui analyse le discours naturel pour détecter et surveiller la démence, l'aphasie et d'autres troubles relatifs au déclin mental. Tout ce qu'il faut, c'est un échantillon d'un discours naturel de une à cinq minutes.

Actuellement, les patients chez qui l'on soupçonne la démence sont évalués à l'aide d'examens réalisés à la main sur papier, relativement longs et subjectifs et surtout stressants pour les personnes âgées, étant donné que les questions, dont les réponses sont notées, visent à évaluer la mémoire.

La plateforme de WinterLight est beaucoup plus conviviale : le patient observe une image sur une tablette et la décrit à voix haute pendant quelques minutes. La description verbale est enregistrée et analysée. La technologie de WinterLight caractérise les données cognitives, acoustiques et linguistiques de la personne qui parle, y compris la diversité lexicale, la complexité syntaxique, le contenu sémantique et l'articulation, afin d'évaluer le statut cognitif du patient. Selon des examens pilotes menés au Canada, aux États-Unis et en France, l'examen démontre un taux d'efficacité de 85 % à 100 %.

L'un des autres avantages de cette technologie est que bien que les examens papier sont habituellement effectués uniquement tous les six mois, les examens de WinterLight peuvent être menés plusieurs fois par semaine, de sorte qu'ils sont utiles non seulement pour diagnostiquer un trouble initial, mais également pour en surveiller l'évolution au cours de différentes périodes.

Plateforme conçue et mise au point en Ontario

Logo de WinterLight Labs

Fondée en 2015, WinterLight, qui compte huit employés, est maintenant confortablement installée à JLABS, un centre d'innovation du secteur des sciences de la vie de 40 000 pieds carrés à Toronto. L'entreprise s'y est établie en 2017 après avoir fait ses preuves dans le cadre du Creative Destruction Lab de la Rotman School of Management, une initiative de l'Université de Toronto qui travaille avec les entreprises en démarrage prometteuses.

« Le Destruction Creative Lab est un mélange des émissions Dans l'œil du dragon et Survivor », explique M. Kaufman. « Toutes les huit semaines, vous rencontrez des investisseurs et présentez votre idée. S'ils aiment ce que vous faites, ils acceptent de vous fournir du mentorat et des conseils. Sinon, c'est fini. Nous faisions partie du volet d'apprentissage machine et nous avons fait notre chemin jusqu'au programme. »

M. Kaufman est titulaire de diplômes en psychologie, en sciences médicales et en informatique. Il avait déjà effectué de la recherche en neuroscience, ainsi que fondé puis vendu une entreprise en démarrage du secteur de la technologie de l'éducation lorsqu'il a rencontré le professeur Frank Rudzicz de l'Université de Toronto, un expert en linguistique informatique, en apprentissage machine et en intelligence artificielle. Intrigué par les activités de recherche de M. Rudzicz, il s'est joint à deux de ses étudiantes au cycle supérieur (Katie Fraser et Maria Yancheva, également cofondatrices de WinterLight) afin de continuer à étudier comment la technologie pourrait analyser la structure de la parole dans le but de trouver des indices sur les problèmes cognitifs. Finalement, l'équipe a été invitée à participer au Creative Destruction Lab.

Le logiciel est encore à l'essai, mais WinterLight travaille actuellement à sa commercialisation. Ses fondateurs ont espoir de commencer à le vendre au cours des prochaines années, d'abord aux résidences pour personnes âgées, puis à des entreprises pharmaceutiques. Bien que les résidences pour personnes âgées et d'autres fournisseurs de soins s'intéressent à la technologie pour surveiller la démence chez les personnes qui en sont déjà atteintes, les entreprises pharmaceutiques s'intéressent à son important potentiel sur le plan diagnostic.

Tirer parti de l'écosystème d'innovation de l'Ontario

M. Kaufman peut nommer exactement les trois principaux jalons du développement de l'entreprise qui ont influé sur sa trajectoire de manière positive. L'un a été de recueillir 1,5 million de dollars auprès de fonds de capital de risque. Un autre a été d'attirer une couverture médiatique enthousiaste. Le dernier a été de conclure une importante entente avec une entreprise pharmaceutique internationale. Ces trois jalons ont été le fruit de l'interaction de WinterLight avec différents organismes de l'Ontario qui ont pour objectif de soutenir l'innovation.

Le fait d'être établi en Ontario a été d'une grande aide, explique M. Kaufman, tant pour atteindre nos objectifs que pour essuyer les échecs. Par exemple, WinterLight a reçu un financement considérable par l'entremise de subventions, notamment de la part des Centres d'excellence de l'Ontario (CEO) et de l'Institut ontarien du cerveau (IOC). L'IOC a également fourni de l'aide sur le plan du réseautage, en permettant à WinterLight d'établir bon nombre de liens essentiels et en lui permettant de recueillir des données de qualité supérieure qui ont contribué à la mise au point du produit.

« JLABS a été tout aussi incroyable », indique M. Kaufman. « On nous a présentés à nos deuxièmes investisseurs et on nous a fourni du mentorat par l'entremise de Johnson & Johnson. » Le centre d'innovation MaRS a également été « incroyable », ajoute-t-il, car il a présenté WinterLight aux investisseurs et a aidé l'entreprise novice à attirer une certaine couverture médiatique.

Toronto : Un aimant pour les talents

L'un des problèmes auquel nous devrons faire face de manière continue, consistera à trouver l'expertise adéquate pour stimuler la croissance stratégique : les experts ayant les compétences et l'expérience en apprentissage machine ne courent pas vraiment les rues. Cependant, M. Kaufman s'attend à ce que l'emplacement de l'entreprise à Toronto soit un atout à cet égard.

« Il s'agit de l'une des villes internationales pré-éminentes en matière d'apprentissage machine et elle a tendance à attirer beaucoup de gens intelligents », indique-t-il.

Le système de santé publique de l'Ontario a également constitué un avantage parce qu'il permet de recueillir de grands ensembles de données.

« Souvent, lorsque vous travaillez avec des entreprises pharmaceutiques, elles possèdent et protègent les données », déclare M. Kaufman. « La province doit manifestement protéger ses données, d'un point de vue de confidentialité et de sécurité, mais sur le plan de la santé et des sciences, elle peut collaborer avec des entreprises comme la nôtre, et c'est extrêmement utile. »

Les entreprises en démarrage feront toujours face à des obstacles, mais les fondateurs de WinterLight acquièrent chaque jour plus de connaissances et ils croient qu'ils savent comment les surmonter et ce à quoi ils doivent s'attendre.

M. Kaufman résume la situation comme suit : « Tout coûte plus cher et prend plus de temps que ce que vous pensiez. »

« Mais nous sommes très privilégiés d'être établis en Ontario. »

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