Un algorithme novateur qui sauve des vies par une alerte instantanée en cas de changement dans les signes vitaux

« Code bleu », un signal que bon nombre d'employés du milieu hospitalier entendent à chaque jour signifie généralement qu'un patient est en arrêt cardiaque. Il indique aux équipes d'intervention de se précipiter sur les lieux pour procéder à une réanimation d'urgence.

Pour les patients et leur famille, un code bleu est un événement traumatisant – la triste réalité est que la majorité des patients hospitalisés n'y survivront pas. Pour les médecins et l'ensemble de l'hôpital, c'est un événement stressant, mais aussi frustrant : plus de patients resteraient en vie si la détérioration des signes vitaux était détectée et prise en charge plus tôt.

Équipes d'intervention rapide

Pour s'attaquer à ce problème, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario a créé il y a environ 10 ans les équipes d'intervention rapide, des groupes d'infirmiers et infirmières et de médecins responsables des soins aux malades en phase critique chargés d'intervenir en situation d'urgence vitale. Selon la Dre Alison Fox-Robichaud, professeure agrégée au département de médecine de l'Université McMaster et médecin responsable des soins aux malades en phase critique à l'association des sciences de la santé de Hamilton, cette mesure s'est avérée efficace, mais elle ne va pas assez loin : le nombre de codes bleus n'a diminué que modestement.

Le réseau utilise des systèmes d'alerte précoce depuis de nombreuses années, mais ceux-ci sont presque tous en format papier. La Dre Fox-Robichaud a développé un indice d'alerte précoce électronique personnalisé calculé selon les signes vitaux des patients et certains indicateurs. Le résultat de ses recherches, le Hamilton Early Warning Score (HEWS) [indice d'alerte précoce de Hamilton], quantifie le niveau d'anormalité de ces signes vitaux et indicateurs. Lorsque l'indice se chiffre à six ou plus, le système alerte immédiatement une équipe d'intervention rapide.

Tôt dans le processus, la Dre Fox Robichaud a créé un partenariat avec Christine Probst, directrice de l'informatique pour l'association des sciences de la santé de Hamilton, afin d'intégrer les résultats électroniques du HEWS au système d'information hospitalier Meditech. Avec l'appui de l'équipe de direction clinique, l'indice HEWS a été mis en place à l'Hôpital général de Hamilton et à l'Hôpital Juravinski. Le personnel infirmier soignant a commencé à mesurer les signes vitaux et à entrer les données dans le système d'information de l'hôpital. L'analyse des données du système au moyen de l'algorithme du HEWS offre une valeur ajoutée, car elle permet le calcul automatique de l'indice et avertit l'infirmière lorsque l'état des patients nécessite l'intervention d'autres professionnels.

L'indice HEWS et les autres indices d'alerte électronique ont considérablement amélioré la situation. Toutefois, un problème demeurait : les notes sur les signes vitaux étaient souvent écrites à la main en premier lieu et n'étaient entrées à l'ordinateur que quelques heures plus tard, lorsque le personnel infirmier trouvait du temps. La Dre Fox-Robichaud et Mme Probst ont donc voulu réduire le délai d'entrée électronique des données sur les signes vitaux et automatiser les alertes envoyées aux équipes d'intervention rapide. Elles se sont dit que la meilleure façon d'y parvenir était de créer une application pour téléphones intelligents, qui rendrait le processus entièrement électronique.

Christine Probst, directrice de l'informatique de l'association des sciences de la santé de Hamilton.

Recherche de partenaires

HEWS Handheld [HEWS = Hamilton Early Warning Score – Indice d'alerte précoce de Hamilton].

Grâce au financement de l'association des sciences de la santé de Hamilton, elles ont mis au point la plateforme HEWS Handheld en faisant équipe avec IBM Canada et une entreprise de Toronto, ThoughtWire, à l'aide de la technologie Ambiant de cette dernière. La plateforme, la première du genre au Canada, réduit le délai potentiel entre l'observation de signes vitaux anormaux et le déclenchement d'alertes, en plus d'informer de façon automatisée les fournisseurs de soins lorsque la situation nécessite l'intervention d'autres professionnels.

En ce moment, on utilise la version originale du HEWS chez tous les patients adultes en soins aigus à l'association des sciences de la santé de Hamilton, tandis que l'indice HEWS Handheld est mis à l'essai dans une seule unité de soins. La prochaine étape consistera à intégrer l'outil dans l'ensemble des unités de soins, chez les enfants et adultes. De plus, l'équipe travaille à introduire l'indice HEWS dans le milieu des soins préhospitaliers.

Les codes bleus en déclin

Lorsqu'Alison Fox-Robichaud s'est mise à chercher des moyens de réduire le nombre de codes bleus en 2006, l'Hôpital général de Hamilton en avait près de 400 par année, ce qui est normal pour sa taille. Grâce à l'indice HEWS, ce nombre est passé à seulement 54 en 2016, et la docteure prévoit que HEWS Handheld le fera diminuer encore davantage. « Maintenant, tout le monde est attentif lorsqu'un code bleu se fait entendre, parce que c'est tellement moins courant qu'avant. »

Des talents de chez nous

Selon la Dre Fox-Robichaud, être en Ontario a contribué au succès du projet : ThoughtWire est établie dans la province, et l'Université McMaster a offert sa précieuse collaboration, dont de l'aide sur le plan statistique ainsi que sur le plan de l'évaluation de la technologie, par un programme de méthodologie de recherche en santé. Les étudiants aux cycles supérieurs et les résidents étudient présentement des moyens d'améliorer la technologie, notamment de renforcer son caractère axé sur le patient. Selon la Dre Fox-Robichaud, « L'accès aux talents [de l'Université McMaster] a été déterminant. Nous avons pu faire appel à des chercheurs spécialisés pour étudier le processus et la communication relatifs aux signes vitaux. »

La docteure ajoute qu'elle a profité du fait que l'association des sciences de la santé de Hamilton a un intérêt particulier pour la recherche. L'hôpital s'est assuré qu'elle ait le financement nécessaire pour bien étudier la technologie. « Foncièrement, je suis une scientifique… comment pourrais-je prouver autrement au reste du monde que ce travail est important? »

Logo de l'association des sciences de la santé de Hamilton (HHS).

Objectif : sauver des vies

En plus des occasions relatives au développement de la recherche et de produits, la docteure entrevoit certainement des occasions de partenariat. Transmettre cette technologie aux organisations intéressées et à d'autres entités ayant compétence en matière de santé et des exigences comparables est sans aucun doute une option, car au bout du compte, ce qui est bon pour les patients l'est aussi pour le système de santé, souligne Christine Probst. « Si nous pouvons repérer et prendre en charge plus tôt les patients dont les signes vitaux se détériorent, nous pourrons prévenir l'utilisation de traitements coûteux et invasifs. »

À long terme, les deux femmes prévoient diffuser cette technologie à d'autres hôpitaux du Canada et de l'étranger. « Notre projet a lancé la discussion d'un bout à l'autre du pays, se réjouit la Dre Fox-Robichaud. Nous devons faire en sorte que cet effet perdure. »

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