Le centre de recherche canadien utilise des réseaux neuronaux pour concevoir des solutions d'entreprise et repousser les limites de l'intelligence artificielle.

Dans son laboratoire du District de la découverte MaRS, Borealis AI tente d'enseigner aux ordinateurs à apprendre comme le fait le cerveau humain. « Tous les outils que nous utilisons sont inspirés du cerveau humain et de la façon dont les gens interagissent avec le monde », explique Foteini Agrafioti, cofondatrice et directrice de Borealis AI.

Borealis AI est un centre de recherche fondé par RBC qui se tient à l'affût des récents progrès en apprentissage automatique et en intelligence artificielle (IA). L'équipe de Mme Agrafioti, qui effectue de la recherche fondamentale et appliquée, prépare des articles scientifiques publiés, fait des présentations dans le cadre de conférences de premier ordre sur l'apprentissage automatique et trouve des applications qui peuvent aider à résoudre des problèmes opérationnels. « L'IA présente une occasion stratégique pour le Canada, affirme Mme Agrafioti. En tant que banque, notre réussite est directement liée à celle du pays; nous appuyons donc la recherche et l'entrepreneuriat, mais nous tirons aussi parti du pouvoir de cette technologie pour répondre aux besoins de notre entreprise. C'est ce qui a mené à la création de Borealis AI. »

La vie dans le District de la découverte MaRS

Le MaRS est le lieu parfait pour le laboratoire de Toronto. « Le MaRS a fait des pieds et des mains pour attirer la communauté du secteur de l'IA. Partout autour de nous, nous voyons des gens aux intérêts communs qui échangent des idées, fait remarquer Mme Agrafioti. L'Institut Vecteur se trouve également ici. D'ailleurs, hier soir, j'ai reçu à souper des titulaires de doctorat de l'Institut pour discuter de nos recherches. »

L'influence de Geoffrey Hinton

Le District de la découverte de Toronto regorge de talents du secteur de l'IA. « L'un de nos voisins est Geoff Hinton, le parrain de l'apprentissage profond », mentionne Mme Agrafioti. M. Hinton, professeur à l'Université de Toronto, est un pionnier de l'utilisation des réseaux neuronaux pour enseigner aux ordinateurs à tirer des conclusions à partir des données, pratiquement comme le fait le cerveau humain.

« Nous avons sciemment choisi de nous installer près de l'université en raison de la concentration de talents qui s'y trouve, explique Mme Agrafioti. L'Université de Toronto a fait un excellent travail sur le plan de la formation. Nous commençons à voir des industries entières s'établir près de ces milieux universitaires. »

Mme Agrafioti a elle-même fréquenté l'Université de Toronto. Pendant ses études doctorales, elle a remporté le Prix de l'inventeur de l'année de l'Université de Toronto, qui souligne la commercialisation de technologies moteurs de véritables changements sociaux. Son projet de doctorat, Nymi, permet d'utiliser l'électrocardiogramme (ECG) pour identifier les utilisateurs avec la précision d'une empreinte digitale.

Apprendre aux machines à penser

Actuellement, Mme Agrafioti et l'équipe de Borealis AI cherchent à inventer de nouvelles applications liées à l'apprentissage automatique et à faire avancer les plus récentes théories dans ce domaine. « L'apprentissage automatique est le fondement de la majorité des technologies de reconnaissance des formes; il est présent autant lorsque vous naviguez sur Netflix que lorsque vous faites des achats sur Amazon », explique-t-elle. Si la personnalisation des recommandations de films est utile, les algorithmes utilisés sont différents de ceux étudiés par Borealis AI. « Chaque jour, notre entreprise s'appuie sur des données pour prendre des décisions. Ce qui se passe dans le monde a un effet sur notre réaction; nous sommes donc aussi une entreprise guidée par l'actualité. »

L'un des derniers projets du laboratoire consiste à analyser les actualités mondiales pour aider les analystes financiers à dégager les tendances à venir. « De fortes pluies en Chine peuvent avoir un effet sur le marché des appareils électroniques en Amérique du Nord : le monde est hautement interconnecté. Le problème : avec une telle quantité d'information, par où commencer? demande-t-elle. Les êtres humains peuvent facilement faire ses liens, mais leur capacité est limitée. Nous automatisons le processus de création des liens et de compréhension des événements dans le monde pour faire ressortir les éléments pertinents, même s'ils peuvent sembler isolés. »

Son équipe a aussi conçu des applications d'IA de cybersécurité qui servent autant à analyser le trafic généré par les logiciels malveillants qu'à détecter les fraudes par carte de crédit. « Ils ont très bien appris : ils ont atteint un taux d'exactitude humain, mais ils sont beaucoup plus rapides que les êtres humains. »

Malgré l'essor de l'IA, Mme Agrafioti ne croit pas que nous serons bientôt remplacés par des machines. « Je n'ai jamais vu de cas où une technologie d'IA pouvait totalement remplacer un être humain. Cependant, nous avons souvent conçu des IA qui renforcent la capacité des êtres humains et leur permettent de se concentrer sur ce qu'ils font de mieux. »

Étoiles polaires

Borealis AI connaît une expansion rapide au Canada. En plus de ses laboratoires de Toronto, d'Edmonton et de Montréal, d'autres seront inaugurés à Vancouver et à l'Université de Waterloo plus tard cette année. Mme Agrafioti croit que le Canada est un terrain fertile pour les entreprises en démarrage du secteur de l'IA. « Le Canada a bien réussi a financer la recherche; c'est l'intervention du gouvernement qui a aidé à mettre sur pied l'Institut Vecteur. » Elle indique aussi qu'il est essentiel de disposer d'une politique d'immigration flexible. « Comme les talents dans ce domaine sont rares et dispersés aux quatre coins du monde, il est important de pouvoir les attirer rapidement au Canada. » D'ailleurs, elle a elle-même quitté la Grèce pour immigrer au Canada et poursuivre des études supérieures.

Bien sûr, pour avoir des retombées économiques, les recherches doivent être présentées sur le marché : c'est là que des centres comme Borealis AI interviennent pour aider à commercialiser des idées avant-gardistes étudiées dans les universités du Canada. « Après la recherche, les entreprises ont besoin de soutien pour se mettre à niveau à l'aide de capitaux de risque ou d'accélérateurs. C'est ce que le MaRS et notre centre font pour favoriser l'innovation continue. Selon moi, c'est un écosystème autosuffisant. »

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14 novembre 2018

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