Pour la plupart des gens, le monde de la quantique est obscur et contradictoire. Contrairement à l’informatique classique, où chaque bit correspond à 1 ou à 0, dans la logique quantique, les bits quantiques (qubits) existent simultanément dans des probabilités de 0 et de 1 en constante évolution. Ce phénomène s’appelle la superposition et permet en partie aux ordinateurs quantiques de calculer plusieurs variables à la fois contrairement aux ordinateurs classiques, qui ne peuvent calculer qu’une variable à la fois. L’informatique quantique promet une augmentation exponentielle de la puissance informatique, ce qui nous rapproche un peu plus de la résolution de problèmes auparavant trop complexes à résoudre pour les ordinateurs.

Le saut quantique dans la puissance informatique nous donnera la possibilité de créer des algorithmes d’IA de prochaine génération, que nous pourrons utiliser pour accomplir des tâches comme l’optimisation des flux de trafic dans les villes intelligentes et la modélisation numérique des composés moléculaires afin d’accélérer la recherche pharmaceutique. Inversement, si elle tombe entre de mauvaises mains, l’informatique quantique constitue une menace existentielle pour l’ensemble de l’infrastructure de l’Internet.

Reconnaissant les avantages et les risques que posera la quantique, Scott Totzke et Mike Brown, anciens directeurs de la sécurité chez BlackBerry, ont décidé, en 2015, de fonder ISARA. Cette entreprise a été mise sur pied dans le but de protéger les données d’entreprise tout en comblant l’écart entre le monde de l’informatique quantique et celui de l’informatique classique grâce à des technologies cryptoagiles.

« Pendant notre transition des ordinateurs à transistors d’aujourd’hui vers les ordinateurs quantiques, nous nous sommes rendu compte que nous devons effectuer un changement radical dans le secteur quant à la manière dont nous traitons certains des aspects les plus fondamentaux en matière de cybersécurité, c’est-à-dire la cryptographie à clé publique », explique Scott Totzke.

Actuellement, lorsque nous recevons une mise à jour sur notre téléphone, que nous ouvrons une session de services bancaires mobiles ou que nous effectuons un achat en ligne, nos renseignements de sécurité sont protégés par la cryptographie à clé publique. Ce chiffrement normalisé constitue la sécurité Internet d’aujourd’hui. Invisible pour la plupart d’entre nous, il est utilisé dans chaque connexion et transaction numérique. Toutefois, des experts de l’industrie prédisent que, dans dix ans, ce chiffrement normalisé industriel sera décrypté d’un seul coup par un ordinateur quantique de grande puissance. Dans un monde de plus en plus connecté rendu possible par l’avènement de l’IA, de la logistique mondiale et des dispositifs d’IdO, il est essentiel d’avoir confiance dans les systèmes qui soutiennent notre économie moderne.

C’est pourquoi, afin de contrer cette menace, ISARA a mis au point une trousse logicielle à résistance quantique qui offre aux développeurs des algorithmes à résistance quantique fondés sur les normes de rendement supérieur. Le logiciel d’ISARA peut être intégré à une plateforme, permettant ainsi d’assurer une transition harmonieuse vers l’avenir de la sécurité, sans devoir repenser l’architecture Web des clients. « Le tout demeurera invisible, absolument transparent du point de vue de l’utilisateur. Le comportement et les expériences de nos utilisateurs resteront les mêmes », souligne Scott Totzke.

Le siège social d’ISARA se trouve à proximité de l’Université de Waterloo, en Ontario, laquelle représente un écosystème universitaire multidisciplinaire doté de la plus grande Faculté de mathématiques au monde. ISARA a ainsi accès à des talents de classe mondiale, d’une expertise en mathématiques supérieures à de la recherche informatique, soit le type de talents qui est le mieux équipé pour construire les algorithmes nécessaires pour contrer une future attaque quantique. « En Ontario, nous sommes très chanceux d’avoir le capital humain nécessaire pour atteindre ces objectifs ambitieux de conception de la prochaine génération de solutions de sécurité reconnues à l’échelle mondiale. »

Le marché de la sécurité quantique en est encore à ses débuts. ISARA croîtra au même rythme que celui-ci. L’entreprise compte actuellement 43 employés à temps plein et prévoit doubler de moitié son effectif au cours des prochaines années. Ce n’est que tout récemment que certains des plus importants fabricants d’équipement d’origine (FÉO) qui fournissent l’infrastructure aux entreprises, fournisseurs de services infonuagiques et entreprises de télécommunications ont commencé à intégrer des capacités de résistance quantique dans la conception de leurs produits. La demande en matière de sécurité quantique ne fera qu’augmenter à mesure que nous nous rapprocherons de l’informatique quantique de grande puissance et que les entreprises commenceront à prendre conscience de leurs failles de sécurité.

« Selon moi, l’Ontario commence à bien s’établir pour accueillir une innovation vraiment exceptionnelle et est capable de résoudre des problèmes pour lesquels les gens se tournaient auparavant vers Silicon Valley en vue de leur résolution. Cela montre que nous pouvons réaliser quelque chose de vraiment spécial et unique, et je crois qu’ISARA en est un très bon exemple », indique M. Totzke avec fierté.

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27 mars 2020
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