Blue J Legal utilise l'intelligence artificielle pour rendre la loi plus transparente et accessible

« En tant que professeurs en droit, nous, les cofondateurs de l'entreprise, avons toujours examiné les décisions judiciaires en utilisant des méthodes quantitatives », affirme Benjamin Alarie, titulaire de la chaire d'Osler en droit des affaires à l'Université de Toronto et cofondateur de Blue J Legal (en anglais seulement). « Je crois donc que nous étions prêts à utiliser l'apprentissage machine et de nouveaux algorithmes pour analyser le processus décisionnel des tribunaux. » M. Alarie a ajouté qu'il croit que d'ici cinq ans, on tiendra pour acquis que les cabinets d'avocats utiliseront des outils informatiques pour évaluer une situation d'un client ou un problème de recherche juridique.

M. Alarie agissait à titre de doyen associé à la faculté de droit de l'Université de Toronto en janvier 2015 lorsqu'on lui a demandé de siéger en qualité de juge dans le cadre du défi IBM Watson qui avait lieu au département de science informatique de l'université.

« Les étudiants avaient beaucoup d'idées intéressantes concernant la manière d'appliquer l'apprentissage machine au droit, mais il y avait manifestement une lacune dans l'expertise juridique », indique M. Alarie. « J'ai cru que le secteur fiscal était parfait pour utiliser l'apprentissage machine, parce que son système est tellement complexe et profond. Un tiers du PIB change de mains du secteur privé au secteur public, donc il est évident que les deux secteurs veulent optimiser leur comportement. »

Après l'événement, M. Alarie a communiqué avec les instructeurs qui dirigeaient le défi et il leur a demandé s'il pouvait refaire le défi au prochain trimestre et se concentrer sur la fiscalité. Donc, avec deux de ses collègues, il a créé un cours de recherche qui a attiré une poignée d'étudiants passionnés provenant des sciences informatiques, du droit et des affaires.

« À la fin du trimestre, les étudiants étaient partis, et nous nous sommes retrouvés avec un prototype horrible, mais aussi avec beaucoup d'idées sur la façon dont nous pourrions l'améliorer. Nous avons pris une grande respiration et nous avons décidé de le transformer en entreprise en avril 2015. Nous avons embauché certains étudiants coop qui ont commencé en septembre et nous avons trouvé un chef de la technologie, Brett Jansen, qui est venu de l'Australie pour travailler avec nous. »

En mission pour améliorer les services offerts par les cabinets d'avocats grâce à l'IA

Blue J Legal a par la suite lancé deux produits, Tax Foresight et Employment Foresight, que la société a décrits comme étant la « prochaine génération de recherche juridique ». Le fonctionnement des deux applications est semblable. Après avoir cerné un problème juridique, le logiciel demandera à l'utilisateur de répondre à une série de questions, puis de comparer les faits de l'affaire potentielle avec toutes les décisions précédemment rendues afin de prévoir ce qu'un tribunal pourrait décider dans de telles circonstances.

Pour un cabinet d'avocats, le logiciel de Blue J Legal lui permet d'offrir de meilleurs services plus rapides et plus abordables pour les clients, parce qu'il rationalise le processus d'évaluation. « Par le passé, un avocat vous a peut-être dit que d'un côté, vous disposez d'une solide affaire, mais que de l'autre, vous pourriez perdre et, dans tous les cas, embaucher un avocat coûtera beaucoup d'argent. Maintenant, vous pouvez recevoir des conseils plus nuancés dès le départ. Et pour le cabinet d'avocats, au lieu qu'un jeune avocat passe énormément d'heures non facturables pour déterminer si une affaire est valide, maintenant, en seulement quelques minutes, le logiciel fournit un aperçu initial sur le fond en citant la jurisprudence la plus pertinente. Bien sûr, une personne doit encore vérifier l'analyse assistée par ordinateur et rédiger le rapport, mais l'entreprise économise potentiellement plusieurs heures de recherche non facturées qui peuvent désormais être passées à exécuter d'autres activités facturées au sein du cabinet. »

L'apprentissage machine pourrait entraîner une augmentation du nombre d'avocats

Selon M. Alarie, on observe un éventail de réactions face au rôle que jouera l'apprentissage machine dans les cabinets d'avocats, mais la plupart des avocats qu'il a rencontrés sont très heureux. Il croit en outre que ce type de logiciel peut effectivement entraîner une augmentation plutôt qu'une baisse du nombre d'avocats, étant donné qu'ils peuvent maintenant donner des conseils juridiques encore plus intéressants au client pour chaque unité de temps qu'ils investissent.

« D'une part, il y a les gens qui craignent qu'il n'y ait plus assez d'emplois pour les jeunes avocats, et d'un autre côté, nous avons un énorme problème concernant l'accès restreint à des services juridiques à des prix raisonnables. Comment ces deux aspects peuvent-ils être exacts sans utiliser une meilleure technologie pour répondre à ces préoccupations? »

« La solution est d'utiliser de nombreuses technologies différentes – y compris celles que nous mettons au point – pour combler cet écart et améliorer la prestation de services juridiques abordables en augmentant la productivité des fournisseurs de services juridiques. Ainsi, un équilibre dans le marché pourrait être atteint, ce qui signifie que plus de services juridiques sont offerts d'une manière rentable, à un prix abordable. » M. Alarie croit en outre qu'en utilisant son logiciel, les jeunes avocats auront la capacité de s'occuper d'un plus grand nombre d'affaires, ce qui leur permettra donc d'apprendre le droit plus rapidement.

Blue J Legal accroît ses activités, et M. Alarie indique que l'Ontario est l'un des rares endroits au monde pour y parvenir. « Toronto est la capitale financière et juridique du Canada. Nous disposons d'une énorme quantité de talents parmi lesquels choisir, tant dans le milieu juridique que dans l'un des bassins de talents les plus importants au monde pour les diplômés en science informatique. Alors que nos activités prendront de l'ampleur, nous allons sans aucun doute établir des bureaux de ventes dans d'autres pays, mais je nous imagine conserver notre siège social ici en Ontario. »

Secteur/sous-secteur : 

14 mars 2018

Commentaire : Cette page a-t-elle été utile?

Parlez-en à un conseiller commercial


Demande d’entretien

Inscrivez-vous à notre bulletin


Ouvrez-en un maintenant

Inscrivez-vous à
notre bulletin

Le formulaire est à des fins commerciales.

Retour en haut de la page