« Nous vendons des produits à des sociétés américaines et nous sommes établis à Toronto, déclare Jordan Jacobs, cofondateur et cochef de la direction de Layer 6 IA, et on nous dit toujours "Oh, bien sûr, vous êtes de Toronto, là où l'apprentissage profond a été inventé". Nous sommes habitués que l'on nous demande "À quoi ressemble le froid durant l'hiver?", ou encore "À quel âge montrez-vous à vos enfants à patiner?", ajoute M. Jacobs, donc c'est bien que nous soyons reconnus pour quelque chose qui a pris naissance ici, mais que la plupart des Canadiens ignorent. »

M. Jacobs, qui est aussi cofondateur et membre du conseil d'administration de l'Institut Vecteur pour l'intelligence artificielle, s'exprimait devant une salle comble du Toronto Region Board of Trade en dirigeant un comité sur l'IA et l'innovation dans le cadre du sommet de l'Amérique du Nord SHAPE de 2017 (en anglais seulement). Une initiative du Forum économique mondial (FEM), la communauté Global Shapers est un réseau de carrefours créé et dirigé par des jeunes possédant une volonté et un potentiel exceptionnels qui veulent contribuer à la vie de leurs collectivités.

Jordan Jacobs, cofondateur de l'Institut Vecteur pour l'intelligence artificielle

Le travail d'avant-garde du Canada dans le domaine de l'intelligence artificielle a commencé en Ontario

Dans son introduction, M. Jacobs offre un bref historique de la contribution d'avant-garde du Canada dans le domaine de l'intelligence artificielle (IA) en expliquant la signification du virage qui a eu lieu entre l'IA fondée sur des règles et l'apprentissage machine qui a pris naissance en Ontario. « Il y a quarante ans, la forme d'IA la plus courante faisait appel à des programmeurs utilisant des déclarations conditionnelles pour enseigner aux machines », déclare M. Jacobs. « Puis, il y a eu ces personnes qui sont venues semer le doute et qui croyaient que "non, vous n'allez rien programmer, la machine va l'imaginer elle-même et elle y parviendra en utilisant des neurones artificielles qui ressemblent à la manière dont le cerveau fonctionne". Le chef de ce groupe était un certain Geoffrey Hinton et pendant une bonne partie de sa carrière, les gens disaient qu'il était fou... Ce groupe de personnes ne pourrait pas vraiment obtenir du financement, à l'exception de quelques petits organismes de recherche au Canada, y compris l'Institut canadien de recherches avancées (ICRA). »

L'ICRA auquel fait référence M. Jacobs a approuvé son premier programme en 1982, Intelligence artificielle et robotique, tout en exerçant ses activité à partir d'un bureau du gouvernement de l'Ontario à seulement quelques rues de l'endroit où M. Jacobs est assis et plus tard a recruté Geoffrey Hinton à Toronto. M. Hinton a alors dirigé un nouveau programme visant à montrer aux ordinateurs la manière d'« apprendre », en se fondant essentiellement sur notre compréhension de la manière dont le cerveau apprend, à une époque où l'« apprentissage machine » était largement rejeté, le croyant impossible. Néanmoins, sans se laisser décourager par les critiques courantes, d'éminents scientifiques du monde entier ont continué à affluer vers le Canada afin d'effectuer de la recherche dans le secteur de l'apprentissage machine. Enfin, une réalisation historique du groupe de chercheurs en apprentissage machine dirigé par M. Hinton dans le cadre du concours ImageNet 2012, l'équivalent des Jeux olympiques de la vision artificielle (en anglais seulement), a donné tort à tous les sceptiques une bonne fois pour toutes. Une course mondiale pour attirer les talents en IA de la région (en anglais seulement) s'en est suivie et des diplômés du programme d'apprentissage machine de Geoffrey Hinton de l'Université de Toronto ont commencé à occuper des postes importants de R-D en matière d'IA chez Apple, Facebook, OpenAI et Google Brain, ainsi que chez Microsoft et Google DeepMind, entre autres , alors que M. Hinton a lui-même été reconnu dans le monde entier comme le « parrain de l'apprentissage profond ».

« Les gens qui ont étudié dans ce domaine en pensant devenir chercheurs ou professeurs d'université ont fini par faire l'objet de convoitise de ces grandes sociétés, au point que leurs salaires équivalaient à ceux des athlètes de premier plan », déclare M. Jacobs.

« La raison pour laquelle il en est ainsi est la nature évolutive de cette technologie. Toutefois, bon nombre de personnes quittaient [le Canada] et lorsque nous leur avons demandé pourquoi, ce n'était pas une question d'argent, c'était parce qu'il s'agissait d'une occasion de faire quelque chose de vraiment intéressant, de résoudre des problèmes importants et de travailler sur de grands ensembles de données. »

Le lancement de l'Institut Vecteur pour l'intelligence artificielle vise à maintenir en poste et à perfectionner les meilleurs talents en IA au monde

M. Jacobs savait qu'il y avait tout autant de débouchés au Canada. « C'est ici que se trouvent les plus importantes banques du monde. Elles comptent d'immenses quantités de données… qui peuvent être utilisées à des fins autres que bancaires. Ici, le système de santé, administré par le gouvernement de l'Ontario, est le deuxième plus important titulaire de dossiers médicaux dans le monde après le NHS au Royaume-Uni. La démarche était donc de saisir une occasion et de lancer Geoffrey Hinton dans la mêlée, qui partage maintenant son temps entre l'Université de Toronto et Google, mais demeure dorénavant en tout temps en ville ici. »

M. Jacobs et ses collègues ont exprimé leur préoccupation face au déséquilibre entre l'offre et la demande de talents en IA tant au Canada qu'à l'échelle mondiale, en raison des grandes sociétés qui recrutent les meilleurs chercheurs du domaine et qui auraient autrement eu l'occasion de former les nouveaux étudiants. « Nous avons créé l'Institut Vecteur à la fin du mois de mars [2017] avec une promesse de seulement un peu moins de 200 millions de dollars, la moitié provenant du gouvernement et la moitié de sociétés, explique M. Jacobs. « Notre objectif initial était 50 millions de dollars provenant de sociétés et nous l'avons presque doublé. »

Article similaire : L'Ontario est en tête de la révolution de l'IA

L'Institut Vecteur se joint à des instituts semblables établis à Montréal et à Edmonton dans le cadre de la stratégie du Canada visant à promouvoir la progression de la recherche en IA, tout en assurant que l'intelligence artificielle a un impact social positif sur les Canadiens et que chaque citoyen canadien peut se faire entendre lorsqu'il est question d'aborder les incidences en matière d'éthique de la technologie.

« En définitive, ce sera l'établissement d'enseignement postsecondaire du secteur de l'apprentissage machine le plus important au monde, mais il est conçu de façon à vraiment commercialiser l'IA et à établir un écosystème », explique M. Jacobs.

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