À quoi ressemble une journée dans la vie d'un neurochirurgien (en anglais seulement)? Une simple recherche sur Google révèle un mode de vie et des journées de travail que peu d'entre nous, qui exerçons notre métier de neuf à cinq, peuvent même concevoir : des semaines de 80 heures, des consultations déterminantes, d'innombrables urgences et des centaines d’interventions chirurgicales par année, sans parler du flux permanent de formalités administratives. Et bien qu'il n'y ait pas deux journées semblables, toutes partagent un point commun, la question de vie ou de mort demeure toujours entre ses mains. Pour le neurochirurgien, il ne s'agit pas uniquement d'un travail, mais d'une vocation qui le pousse à sauver des vies et à améliorer les résultats des patients.

Cofondateurs de Synaptive Medical

Cofondée en 2012, l'entreprise Synaptive Medical, établie à Toronto, comprend cette vocation. Son produit phare, BrightMatter (en anglais seulement), offre un ensemble de solutions de pointe conçues pour aider les neurochirurgiens à planifier la voie d'accès la plus sécuritaire et la plus efficace au cerveau d'un patient, tout en fournissant une visualisation avancée pendant la chirurgie. Voici une entrevue avec deux des cofondateurs de l'entreprise, Cameron Piron (président) et Wes Hodges (directeur de l'informatique et de la collaboration externe).

Q. : Qu'est-ce qui a inspiré l'idée qui sous-tend la technologie de Synaptive?

M. Piron : Mes collègues cofondateurs et moi-même avons aussi travaillé ensemble chez Sentinelle Medical Inc., une entreprise axée sur l'imagerie des seins et de la prostate, et nous étions très emballés de nous pencher sur le domaine de la neurochirurgie. L'idée a émergé des problèmes que nous avons constatés dans les salles d'opération, il y avait de nombreuses possibilités d'améliorer la qualité des renseignements dont disposent les chirurgiens et la façon de les utiliser.

Qu'est-ce qui vous a amené à penser que la technologie serait une réussite commerciale?

M. Piron : L'écart était si grand entre ce que nous jugions pouvoir réaliser et ce qui existait sur le marché. Et lorsque nous avons commencé à lancer nos produits dans des établissements cliniques partenaires, nous avons observé des réussites tangibles ainsi que l'amélioration des résultats des patients.

Q. : Pouvez-vous donner un exemple de la façon dont BrightMatter a aidé un patient?

M. Hodges : L'un des chirurgiens avec qui nous collaborons était chargé du dossier d'une femme qui avait été frappée par un camion. Elle souffrait de blessures graves, notamment d'un anévrysme qui exigeait une intervention chirurgicale. À l'aide de notre logiciel de planification, les chirurgiens ont pu choisir la voie d'accès au cerveau de la patiente qui entraînerait le moins de déficits. Elle a quitté l'hôpital en ayant toutes ses capacités fonctionnelles. Nous avions l'impression de prendre part à cette réussite.

Q. : Comment vous sentiez-vous après la création de Synaptive?

M. Hodges : Nous avions l'impression d'être à l'aube de quelque chose, nous ressentions de l'exaltation, mais aussi de l'inquiétude. Les petites entreprises agiles sont moins structurées et plus souples, et c'est le créneau où nous sommes les plus heureux. Nous aimons jouer de nombreux rôles différents, assumer diverses responsabilités et relever une multitude de défis. La période entourant la mise sur pied de Synaptive a été extrêmement motivante. Ce travail est exigeant, c'est un peu comme se frayer un chemin dans la jungle à la machette, mais nous l'adorons.

Q. : Quels sont les enjeux auxquels fait face le secteur de la technologie médicale en général?

M. Piron : Le premier réside dans les approbations réglementaires. Elles sont indispensables parce qu'il faut pouvoir innover dans sa propre cour. Cela dit, les Canadiens devraient pouvoir tirer parti des mêmes avantages offerts par nos produits que tous nos autres clients partout dans le monde. Je dirais que le gouvernement fait des progrès à cet égard.

L'accès à du capital-développement constitue un autre enjeu. Depuis toujours, le Canada s'intéresse de très près aux ressources naturelles, aux services bancaires et à l'assurance. Toutefois, le soutien financier et les institutions financières qui se rapportent à ces domaines sont très différents des besoins en capital-développement de la haute technologie. Le Bureau du stratège en chef de l'innovation en santé au sein du ministère de la Santé et des Soins de longue durée est très axé sur la résolution de cette question.

Je crois que cet enjeu s'atténuera également avec l'augmentation du nombre d'investisseurs. Lorsque d'importantes sociétés de haute technologie commencent à s'intéresser à la technologie médicale, les grandes sociétés gérant des fonds privés d'investissement le remarquent. Quand une société comme Google, Apple ou Amazon se montre intéressée par un secteur, l'argent suit habituellement. Je pense que nous allons bientôt voir émerger cette tendance en Ontario.

Q. : Quelle est votre opinion au sujet du secteur ontarien des sciences de la vie? Avez-vous pris la bonne décision d'établir votre entreprise?

M. Piron : Oui, l'Ontario a toujours été notre rampe de lancement. Je pense que l'écosystème qu'accueille la province favorise réellement l'esprit entrepreneurial. D'excellents programmes soutiennent les entreprises pendant leur phase de croissance. Prendre de l'expansion en Ontario s'est avéré positif pour nous. Par exemple, le District de la découverte MaRS (en anglais seulement) n'existait pas lorsque nous avons fondé notre première entreprise, mais dès l'ouverture de ses portes, il accueillait des entreprises en démarrage comme Synaptive. C'est là que nous avons renforcé nos assises et élargi nos activités, et voilà maintenant que nous quittons ses locaux en tant que moyenne entreprise à part entière.

La technologie de Synaptive Medical dans la salle d'opération.

Q. : Selon vous, quelles sont les principales propositions de valeur de l'Ontario pour les entreprises du secteur des sciences de la vie?

M. Piron : Je crois que le talent de calibre mondial qui se trouve en Ontario est exceptionnel. Synaptive en a vraiment profité. Compte tenu de notre croissance rapide, nous savons à quel point il peut être restreignant de ne pas avoir cette ressource. En outre, il est encourageant de voir de grandes entreprises internationales du secteur des technologies qui s'orientent vers le domaine médical et qui commencent à être présentes en Ontario. L'Ontario offre depuis longtemps un soutien solide à la recherche et au développement dans le secteur des appareils médicaux, que ce soit sous la forme de subventions, d'encouragements fiscaux ou d'initiatives afin de favoriser la croissance et l'innovation.

Q. : Quelles tendances marquées observez-vous dans le secteur de la technologie médicale en général et en Ontario?

M. Piron : Une tendance générale qui se manifeste dans le monde, c'est la prestation de soins fondée sur la valeur. Recueillir davantage de renseignements sur le cycle de soins d'un patient et les utiliser pour guider la prise de décisions en est une autre. L'imagerie quantitative y contribue grandement. Nous assistons à l'arrivée de très grandes sociétés comme Google ou IBM, qui sont attirées par la perspective de faciliter cette tendance.

L'Ontario a une longue histoire particulière en matière d'innovation dans les domaines de l'imagerie et de l'intervention. Nous voyons des occasions de combler l'écart qui existe entre l'intérêt porté à l'intelligence artificielle et aux réseaux neuronaux pour aider à appuyer la prise de décision.

Q. : Selon vous, quelle est la meilleure chose que fait l'Ontario pour aider les PME?

M. Piron : La province offre des programmes durables et bien conçus, comme les initiatives destinées à la recherche ou au perfectionnement des talents. L'aspect de durabilité est important pour que les entreprises en croissance puissent établir des plans stratégiques portant sur ces programmes. Je pense spontanément aux Centres d'excellence de l'Ontario (CEO), pour ne nommer que ceux-là.

Q. : Que conseilleriez-vous à un scientifique ou à un entrepreneur qui envisage la création d'une entreprise de sciences de la vie?

M. Piron : Trouver un mentor pertinent en fonction du contexte qui a réussi dans le domaine où vous voulez innover. Qu'il s'agisse du secteur pharmaceutique, de l'informatique, de la génomique ou des appareils médicaux, il est essentiel d'avoir quelqu'un qui est déjà passé par là et qui peut vous orienter ou vous permettre d'établir des contacts. Ainsi, au lieu d'avancer à tâtons dans l'obscurité en vous déplaçant lentement, vous pouvez accélérer et avancer plus rapidement.

M. Hodges : Vous devez également faire preuve d'une solide éthique du travail et aimer ce que vous faites. En outre, soyez prêt à faire des erreurs. Vous n’obtiendrez jamais tous les renseignements que vous cherchez, il suffit donc de choisir une direction, d'agir en tenant compte de celle-ci et de vous réorienter rapidement, au besoin.

Q. : Quels sont vos projets pour l'avenir de Synaptive?

M. Piron : Nous avons la formidable chance d'élargir le jeu de caractéristiques sur tous nos produits. Nous comptons aussi lancer de nouveaux produits de premier ordre. Puis, il y a la possibilité de relier toutes ces technologies l'une à l'autre afin de réaliser quelque chose de très différent.

Cette entrevue a été condensée et modifiée.

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